Épisode 1. Réduire les risques liés à un actif
- Dan Salvail
- 25 juin
- 3 min de lecture
Au cœur de la nécessité de réduire les risques associés aux actifs pharmaceutiques se trouve le taux élevé d’échec qui contribue fortement à l’augmentation des coûts de développement des médicaments. Entre 2010 et 2017, plus de 90 % des programmes de développement clinique ont échoué¹. Si l’on inclut les molécules au stade préclinique, le taux d’attrition entre la phase de découverte et la commercialisation peut atteindre jusqu’à 99 %. Les principales causes d’échec sont le manque d’efficacité (40 %), la toxicité (30 %), des propriétés pharmacologiques inadéquates (10 %) et une planification stratégique insuffisante (10 %)².
Pour un avocat spécialisé en propriété intellectuelle, la réduction des risques consiste à s’assurer que l’innovation peut être protégée par des droits de propriété intellectuelle. Pour une équipe de développement des affaires, cela signifie confirmer l’existence d’un marché suffisamment porteur pour la commercialisation du médicament. Pour le scientifique, il s’agit d’éliminer les causes d’échec mentionnées précédemment : manque d’efficacité, toxicité, pharmacocinétique défavorable, etc.
La mise en place précoce d’évaluations translationnelles de l’efficacité dès la phase de découverte contribue à réduire les risques. Le choix de modèles représentatifs de la situation clinique peut être facilité par des analyses protéomiques permettant de valider la présence de cibles et de voies biologiques spécifiques chez différentes espèces. La vérification de l’efficacité fonctionnelle dans plusieurs espèces est également couramment réalisée dès les premières étapes de la découverte afin de renforcer le potentiel de transposition des résultats à l’humain³.
L’intégration précoce de signaux de toxicité dans les paramètres évalués lors des études d’efficacité peut être réalisée de manière efficace, en surveillant notamment les fonctions d’organes susceptibles d’être affectés hors cible (poumons, foie, reins, cerveau et cœur). Bien que la maladie induite puisse compliquer l’interprétation des signaux de sécurité ou de toxicité, des scientifiques expérimentés, possédant une connaissance approfondie d’un modèle préclinique donné de maladie humaine, sont capables d’identifier très tôt les effets indésirables inhabituels au cours du développement d’une molécule. L’efficacité et la toxicité deviennent alors des critères complémentaires guidant l’optimisation du candidat médicament. Les grandes entreprises pharmaceutiques appliquent couramment cette approche, résumée par l’expression : « Échouer tôt, échouer vite » (Fail Early, Fail Fast).
L’application de cette stratégie de réduction des risques diminue la probabilité qu’un candidat médicament préclinique échoue lors d’études de sécurité ou de toxicologie précliniques plus coûteuses, réalisées conformément aux Bonnes Pratiques de Laboratoire (BPL/GLP). Une fois ces études terminées, les nouvelles données générées viennent renforcer davantage la stratégie de réduction des risques, cette fois en diminuant le risque d’échec lors des essais cliniques.
Depuis 24 ans, la réduction des risques associés aux candidats médicaments précliniques constitue la mission principale d’IPS Thérapeutique Inc.. Chaque modèle in vivo a été développé dans un double objectif : confirmer et définir les conditions nécessaires à l’efficacité, tout en identifiant précocement les indicateurs de toxicité.
De la protéomique aux études de pharmacologie de sécurité conformes aux BPL, les scientifiques d’IPST comprennent l’impact considérable du taux d’attrition sur la découverte de médicaments et utilisent la détection précoce des signaux d’échec afin de réduire les coûts du développement préclinique.
Références
Sun D., Gao W., Hu H., Zhou S. Why 90% of clinical drug development fails and how to improve it? Acta Pharmaceutica Sinica B, vol. 12, n° 7, 2022, p. 3049-3062.
Dowden H., Munro J. Trends in clinical success rates and therapeutic focus. Nature Reviews Drug Discovery, vol. 18, 2019, p. 495-496.
Hughes J.P., Rees S., Kalindjian S.B., Philpott K.L. Principles of early drug discovery. British Journal of Pharmacology, vol. 162, 2011, p. 1239-1249.


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